Heureux ceux qui pleurent …
Une parole de Toussaint !
Pas étonnant que des femmes et des hommes chrétiens aient tenté de résoudre cette question centrale de la souffrance en justifiant cette Béatitude de Jésus quitte à justifier le mal :
+ « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? » ou « c’est le Bon Dieu qui te punit ». Même idée : pleurs et châtiments sont mérités. Le malheur a un lien avec une faute commise par des personnes qui sont malheureuses.
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Et l’innocent qui souffre ? Oserait-on dire à des parents qui pleurent la maladie incurable de leur enfant : c’est une punition de Dieu ?
+ Malheurs et souffrances sont féconds. Ils nous donnent un regard plus humain. Alfred de Musset : « nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert ».
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Dieu éprouve-t-il spécialement ceux qu’il aime ? N’y a-t-il pas des malheurs qui, loin de faire grandir, écrasent ?
+ L’humanité progresse vers le Bien. Le malheur est une ombre qui met en valeur ce qui est meilleur.
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Qui annoncera à une mère de famille qui se découvre un cancer qu’il ne s’agit que d’une ombre destinée à mettre au grand jour la magnifique harmonie du monde ?
+ Le malheur est rédempteur, il sauve le monde.
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Cette réflexion chrétienne donne quelque sens à la souffrance mais ne tient pas devant l’horreur qui déshumanise et c’est offensant pour ceux qui sont dans le malheur !
+ Quant à offrir sa souffrance à Dieu … (c’est pourtant beau de le faire !)
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Cela donne a priori de Dieu une curieuse image, un Père qui aurait plaisir à recevoir en cadeau ce qui rend malheureux, défigure, déshumanise.
Et beaucoup pensent que le malheur n’a pas de sens, qu’il est absurde. Ce qui arrive est insensé, c’est la vie, le destin …
Ils seront consolés !
Consolés par cette Béatitude forte : l’essentiel est de combattre toutes les larmes, tous les malheurs. Notre vocation est le bonheur : nous serons consolés ! Ne nous taisons pas devant la souffrance. Dénouons les pièges du malheur. Comme Jésus crions : « « ni lui, ni ses parents ont péché » (Jn 9/1-41). Comme lui ne nous laissons pas accabler, lui qui est « pris aux entrailles » et lutte contre les malheurs (Luc 7/1-10 ; 7/11-17).
Soyons des saints … et bonne fête !