TRADITION EN 2007
On entend souvent : « l’Eglise change, on ne s’y retrouve plus ! » - « tout va trop vite ! » - « de mon temps c’était mieux ! » - « on a toujours fait comme ça, on ne changera ni la manière de faire ni la date » - « c’est traditionnel dans notre village ! ».
La tradition est-elle un objet précieux du passé que l’on pourrait se passer de mains en mains en veillant à ne pas le casser ? Est-elle la flamme que se passent les coureurs ?
Et si la tradition était une vie qu’on ne peut communiquer qu’en la vivant ? Or, en la vivant, on la fait forcément évoluer. La tradition ne se transmet-elle pas par les cœurs, c'est-à-dire en étant
ré-exprimée, ré-expérimentée, ré-inventée en quelque sorte ?
Les fils ne vont-ils pas toujours plus loin que les pères, même si c’est sur leur lancée ?
Ce que nous aimons dans notre village ne s’enrichit-il pas des nouveautés qui viennent des évènements, des décisions des équipes de responsables, de la vie et de la société qui changent ?
Doit-on continuer à vivre éternellement telle tradition sans en retrouver le sens premier ?
Sans l’adapter à notre village tel qu’il est devenu, dans notre monde tel qu’il est aujourd’hui ?
La Bible établit un lien étroit ente la libération de l’Egypte du peuple de Dieu et sa possibilité de « recommencer » une vie libre. Dieu créé en « faisant sortir ». L’image de l’arrachement revient souvent dans l’Ecriture. On dit d’une mère qui vient d’accoucher qu’elle est délivrée ; mais l’enfant aussi est délivré.
Est-ce que ce que nous avons « toujours » vécu reste une libération pour chacun ?
Vivre autrement ce que nous avons « toujours » aimé n’est-il pas un plus ? Un plus de sens, un plus de relations, un plus de qualités ?
La tradition est un engendrement pour aujourd’hui d’une communauté bien concrète et non faire survivre un passé passé