NAISSANCE
Quand un enfant est dans le ventre de sa mère, il est bien. Il ne connaît pas d’autre univers. Jésus est bien dans le sein de Marie. Bien sûr il ne sait pas très bien pourquoi, le long de lui-même lui poussent des yeux, des bras, des jambes inutiles. Que peut-il en faire là où il est ? Est-ce utile pour sauver le monde ?
Et vient le jour où on le retire brutalement de ce qui, pour lui, était le monde.
C’est Noël. Jésus est né.
Mais pour lui, dans cette paille, il pleure, c’est déjà une mort.
Bientôt cependant, il se découvre toujours en vie. Merveilleusement adapté au monde nouveau où il se trouve. Ses yeux émerveillés contemplent les bergers, les animaux de la crèche. Ses bras, ses jambes inutiles, voilà qu’il comprend maintenant : tout cela, génialement le préparait à sa vie nouvelle. Et il regarde Marie, sa mère, qui ne l’a jamais quitté mais dont il découvre seulement l’adorable visage. Et il regarde Joseph, si attentif et prévenant.
Ainsi est notre monde. Ainsi est notre vie.
Mais nous sommes perplexes.
Comme des jambes et des bras inutiles, traînent le long de nous même, des désirs de vie infinie, d’amour fou. Comme des yeux qui ne voient pas les couleurs, nous ne voyons que ce qui ne va pas, avec, malgré tout, cette immense attente de bonheur, de fraternité merveilleuse, malgré tout.
Un jour l’univers accouchera enfin l’humanité parvenue à terme.
Ce sera le Noël des femmes et des hommes. Pourtant nous appellerons cela une mort. Nous aurons peur. Mais Dieu, en Jésus, par l’esprit appelle cela une naissance
Avec des larmes, des larmes de joie, nous découvrirons que tout, absolument tout de notre vie humaine, nos humbles amours, nos échecs et nos deuils, nos grandes joies, tout cela nous aura merveilleusement préparés à cette vie nouvelle.
Rien ne sera perdu.
Nous découvrirons le visage de Dieu, comme Jésus découvre le visage de Marie et de Joseph,
un Dieu proche qui ne nous a jamais quittés.
Ce grand accouchement a commencé à Noël. Ce petit enfant nous explique.
Et Pâques est déjà au cœur de la fête
Le passage de la mort à la vie à Noël sera grandiose à Pâques.
Merci Jésus, tu es le sauveur